MEANING MY LIFE

Vivre en mode minimaliste, simplement, facilement, sans complexe.

Cancer & chemin vers soi

Aujourd’hui, une profonde réflexion s’empare de moi, je ne sais plus, et je réalise que dans cette totale incertitude, décider, face au collectif, a un impact puissant.

Vous voyez, aujourd’hui je suis retourné voir le département d’oncologie à l’hopital de Sion. Je ne savais pas trop pourquoi j’y allais, j’avais simplement bloqué un rendez-vous auprès d’eux, après avoir décidé de reporter mon opération le 27 novembre.

Les médecins me proposent l’immunothérapie, je ne la sens pas, je ne sais pas l’expliquer, est ce que c’est du contrôle, des peurs faisant remonter le cancer dans toutes les strates de mon corps, en echo, à isa, mon mère, des amis, connaissances, et bien plus encore ?

Une réflexion face à la mort, à ce corps médical, à moi-même, et à la souffrance, la douleur, parfois la solitude de ce chemin. Est ce que tout ceci a du sens ? et si oui, quel est le sens, quelle est la voie, quelle est la direction ?

Tout comme la vaccination durant le covid, j’entends… Fais nous pas chier, fais toi opérer… ou Tu es laid coupe ça qu’on n’en parles plus. Quelle violence, et pourquoi ? Car je décide de prendre le temps, et prendre le temps aujourd’hui est considéré une non action.

Une action par l’intérieur, de l’hypnose, soins énergétiques, travail sur mes émotions, une profonde introspection sur moi-même, mes relations, ma vie, mes EN VIES, les amours que j’ai eu, ce que j’ai envie, mes croyances, les relations et les séparations, les amitiés, lieux de vies, et j’en passe.

il parait que dans certaines théories sur le psycho-somatique, le cancer de la peau est une réponse à un choc émotionnel dû à une rupture, à une séparation, à une disparition que l’on ne comprend pas… va comprendre… c’est ainsi.

Aujourd’hui je pleure, j’ai peur, je ne sais plus, et en même temps, est-ce que ça n’est pas déjà une réponse en soi de ne pas forcément savoir?

Car quand je dis que j’ai opté pour modifier mon assurance pour 2026, que j’ai en moi cette voix qui me dit… c’est pas encore le moment, et qu’en parallèle j’ai mal, je dors 2h par nuit, mon corps est tendu et que j’ai enfin pleuré ce soir, à réaliser que j’aimerai juste être entendu, sans qu’on me dise quoi faire, ou que la décision doit impérativement être médicale. Juste… être aimé, vu, et entendu, tel que je suis, et être accompagné, entouré, et qu’on puisse juste me prendre dans les bras, ainsi, à me dire… je t’aime… tout simplement.

ça parait si simple dit comme ça, et pourtant, c’est loin d’être le cas. Car dire aux médecins que je suis mon processus, même si je suis celui qui en souffre là, c’est incompréhensible… vous savez, il n’y a pas d’autre issue… et le temps joue contre vous…

D’un autre côté, la famille, aussi aimante soit-elle, qui me demande, ou me dis… ce sont des professionnels, fais leur confiance, et suis la médecine, c’est pas compliqué pourtant, non? les autres trucs c’est pas de la médecine, donc ça va un moment, on voit que ça avance pas, donc fais ce que les médecins disent.

Et à côté il y a moi, olivier, 50 ans, à juste être là, à me dire… je me sens seul, face à tout ça, face à la vie, face à la solitude, face à la mort, face à vous tous, et au travers de tout ça, j’ai beau en chier quotidiennement, à voir cette impermanence de la vie, et tout ce qui nous entoure, et j’aimerai juste qu’on considère que ce cheminement, en soit, est une décision.

Elle va peut-être aux antipodes du collectif, de ce que vous feriez, de ce que vous pensez, de ce que vous imaginez, mais souvenez vous que si il y a quelqu’un qui doit mourir de ces décisions, c’est moi, et pas vous.

Voyez vous, ça, c’est insupportable pour le commun des mortels, de se dire qu’on est souverain, même si c’est pas évident. De se dire qu’il existe plein de manières, et que dans ces cheminements, il y a des choses qu’on n’imagine même pas, qui se passent dans la tête des gens.

Il y a ce moment ou on se dit, je vais écrire mon Testament, il y a ce moment ou j’ai écrit à mon ex pour l’informer de ce que je vivais, inconsciemment espérant une réponse, du coeur peut-être, il y a ce moment ou l’on parle, ou l’on écrit, ou l’on exprime, et ces moments de pur silence ou rien n’existe plus pour personne.

Et entre tout cela, il y a des envies, de connexion, de création, de réaliser des choses, de faire ce que l’on n’a jamais fait, ou ce qui dépasse les codes.

Il y a du minimalisme, et en même temps une profonde vulnérabilité, par l’absence, par la présence, par les mots, et les instants que l’on vit.

Quelque soit le choix, il n’existe pas de juste choix, ni de mauvais choix, car personne n’a de boule de cristal ni de science infuse, les données sont les données, et je ne suis pas qu’un chiffre dans une base de référencement, ainsi, dans le choix, j’ai celui aussi d’arrêter de souffrir, de continuer, de décider à chaque instant, ce qui résonnera au mieux pour moi.

Et comme tout ça est si simple, ça ne l’est pas, car même si je vais au plus profond de moi, je n’ai pas de réponse, ni d’action qui résonne juste au sein de tout ça. Une partition, une mélodie, ou il y a du bruit, du silence, et pas cette note qui vient résonner à l’oreille, afin de guider, par un murmure…

Ce petit… je t’aime… viens… suis moi… même si je sais que, profondément, je suis aimé, de amis, des mots, des coeurs, oui, des gens qui souhaitent par leurs actions mon bien, et par leurs questionnements ou leurs maladresses, mon bien également, tout ceci est plein d’amour.

Alors, en tout cela, pour avoir été membre d’une famille dont d’autres membres sont partis d’un cancer, puis compagnon d’une femme partie d’un cancer, puis actuellement, au premier rang, plus spectateur sur ce coup, j’ai le rôle principal… je peux vous le garantir, il n’y a rien qui ne nous prépare à ça, Rien.

ça n’a rien à voir, pas de script, pas de scénario, pas de piste, c’est un one man show avec pleins de reflets, de partout, de l’impro totale, type match d’impro mais sans arbitre, ni carte… et un public tout autour pour lever le carton.

Alors, dans la vie, dans ce chemin, comme dans la mort, suis-je assez, suis-je ainsi complet pour oser être souverain, et être accueilli comme tel, avec amour, et présence?

Ou avons nous perdu, bien au delà de ce que l’on peut considérer un semblant d’humanité, la source de notre pure brillance, au delà du corps… cette écoute de l’âme.

Je vous laisse, car je sens que j’ai encore un peu de double crème de gruyère à lécher dans le pot, et quelques myrtilles, pour faire passer tout ça… et entre deux bouchées, juste vous dire, à toutes et à tous, que je vous aime, et vous remercie, car quotidiennement, grâce à tout cela, j’apprends, j’évolue, et je vois au delà de masques.

Masques portés, par chacun, par moi également, comme ce carcinome qui défigure ma face… en pleine face, j’en ai pris plein la gueule, j’en prends encore plein, histoire d’avoir cette sale gueule, ou de refléter qu’il y a, au delà du physique, bien plus, et un être, un homme, un père, un fils, un humain… et qu’il serait bon de refléter sur nos rapports… si bien dits… humains.

Je clos pour ce soir, ce lieu sera probablement avec une catégorie à part, mon exutoire… ode à la vie, finalement, à transmuter les émotions, la souffrance, la douleur, et accepter que dans tout ça, il y a la vie, la joie, le fait d’être là, aujourd’hui… et que ça, c’est précieux.

Merci

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